CDM 2026 – HAÏTI VS NICARAGUA : « C’EST COMME UNE FINALE » POUR HANNES DELCROIX
À une journée d’un match qui pourrait changer le destin du football haïtien, les Grenadiers savent qu’ils n’ont plus le droit à l’erreur. Mardi soir, au stade Ergilio Hato de Curaçao, Haïti jouera sa qualification pour la Coupe du monde 2026 contre le Nicaragua, avec l’espoir immense de retrouver un Mondial pour la première fois depuis 1974.
Sportivement, les hommes de Sébastien Migné se sont offerts le droit d’y croire. Leur victoire pleine de maîtrise contre le Costa Rica (1–0), vendredi, a ravivé l’espoir et repositionné Haïti à hauteur du Honduras, leader du groupe C, seulement séparé des Grenadiers par la différence de buts. Mais un succès restera insuffisant : il faudra aussi un faux pas hondurien au Costa Rica, ou sinon, une très large victoire haïtienne. Le pays entier vivra donc une soirée sur double écran.
Une équipe au seuil d’un accomplissement historique
Depuis le début de cette phase qualificative, Haïti montre une maturité inédite, avec deux victoires et deux nuls en cinq matchs, malgré une lourde défaite concédée face au Honduras. L’équipe a appris, s’est réajustée, et a trouvé les ressources pour rebondir.
Face à elle, le Nicaragua arrive sans pression. Déjà éliminés, les hommes de Marco Antonio Figueroa ont toutefois surpris le Honduras lors de la journée précédente (2–0) et veulent finir sur une note positive. Mais statistiquement, Haïti a souvent eu l’avantage avec, notamment, 5 victoires sur les 6 dernières confrontations, dont quatre clean sheets de rang.
Un absent de taille mais un groupe confiant
Interrogé en conférence de presse d’avant-match, Sébastien Migné a d’abord dû répondre à l’absence de l’un de ses cadres, Danley Jean Jacques, l’une des pièces maitresses de l’entrejeu, suspendu pour cumul de cartons. Le sélectionneur n’a pas cherché à minimiser l’importance du joueur, mais s’est montré serein : “On aurait tous aimé qu’il soit là, mais à partir du moment où il est suspendu, il faut trouver des artifices pour s’en sortir sans lui. On a confiance, on se réorganise en fonction.”
Pour lui, l’essentiel réside dans la profondeur du groupe : “C’est aussi l’intérêt d’avoir vingt-trois joueurs, pour pallier les suspensions ou les blessures. On fait en sorte d’avoir un groupe élargi.”
Gérer la pression : le véritable défi
Au-delà de l’adversaire, l’enjeu émotionnel sera immense. Haïti n’a plus touché le rêve mondial depuis 51 ans. Pour Migné, l’un des principaux défis sera de maintenir ses joueurs dans un état d’esprit lucide et stable : “La difficulté, c’est de faire en sorte que mon groupe puisse gérer ses émotions. C’est pas un match anodin. On n’a pas su le faire contre le Honduras, mais on a corrigé beaucoup de choses face au Costa Rica.”
Hannes Delcroix : “C’est comme une finale”
Aux côtés de Sebastien Migné, en conférence de presse, Hannes Delcroix, qui n’a rejoint la sélection que le mois précédent, a livré un témoignage touchant sur son intégration et son ressenti avant ce rendez-vous décisif : “On m’a bien accueilli, c’est comme une famille ici. Je me sens bien, et jouer pour Haïti, le pays où je suis né, c’est une décision importante.”
Le défenseur insiste sur l’état d’esprit du groupe: “Tout le monde est focus. On sait que c’est pas fini, qu’il reste beaucoup à jouer. On doit juste jouer comme toujours, sans peur, jouer vers l’avant. Le match de demain, c’est comme une finale pour nous. On va tout faire pour le gagner.”
“Gagner pour le peuple haïtien”
Plus que jamais, les Grenadiers ont conscience de ce qu’un succès représenterait. Migné, porté par l’enthousiasme des supporters, a tenu à adresser un message au pays : “On aura besoin d’énergie positive. Envoyez-nous des ondes. Les garçons vont donner le maximum, et j’espère qu’on se reverra demain soir pour fêter une formidable qualification.”
Le décor est donc planté. Les Grenadiers savent ce qu’il leur reste à faire. Ils savent qu’ils tiennent entre leurs mains un moment capable d’allumer une étincelle nationale. Demain, tout un pays retient son soufle. Demain, Haïti joue plus qu’un match, elle joue son histoire.