HAÏTI EN MISSION : MIGNE ET PLACIDE AFFICHENT LEURS AMBITIONS AVANT LE CHOC CONTRE LE HONDURAS
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HAÏTI EN MISSION : MIGNE ET PLACIDE AFFICHENT LEURS AMBITIONS AVANT LE CHOC CONTRE LE HONDURAS

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En conférence de presse à la veille du choc entre le Honduras et Haïti, le sélectionneur de l’équipe nationale haïtienne, Sébastien Migné et le capitaine Johnny Placide ont livré un message fort : les Grenadiers savent qu’ils joueront loin de chez eux, mais l’envie de faire honneur au drapeau demeure intacte.

Migné : “Transformer la pression en énergie”

Interrogé sur l’impact d’un match à guichets fermés dans une ambiance entièrement acquise aux Honduriens, Sébastien Migné a répondu sans détour. “En acceptant cette mission, je savais que tous les matchs auraient lieu à l’extérieur, puisque malheureusement la situation ne permet pas de recevoir à domicile. C’est un énorme manque pour les garçons parce que le 12ème homme n’est pas neutre. On a essayé de renverser la chose et de se servir de ces matchs à guichets fermés avec une ambiance de feu pour se motiver. Je leur demande de se rappeler quand ils étaient gamins, c’était pour espérer jouer des matchs dans des ambiances pareilles. Donc on a cette chance là, on va essayer de ce servir de l’influence dans le stade même si elle sera pro hondurienne pour puiser une énergie supplementaire et performer. On est aussi en mission, on le sait.”

Le sélectionneur a aussi insisté sur la résilience haïtienne : “Rien n’est facile, pour l’Haïtien en général, et pour notre équipe nationale. On essaie de se servir de ça au niveau motivationnel. Je pense que les garçons sauront répondre présent, j’ai aucun doute à ce sujet.”

Sur le plan sportif, Migné a confirmé que des ajustements sont prévus par rapport à la rencontre précédente : “Quand on enchaîne deux matchs à forte intensité en trois jours, il faut savoir gérer. Déjà avec l’absence d’Arcus, il y aura de nouvelles têtes. Les règles internationales nous permettent cinq changements : il y aura onze Grenadiers pour démarrer, mais aussi cinq finisseurs capables d’apporter une énergie nouvelle comme lors du dernier match et instaurera meilleure dynamique possible. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons espérer quelque chose. À onze, nous n’y arriverons pas. Seul je n’y arriverai pas. C’est collectivement, tous orientés vers le même objectif, que nous aurons une chance.”

Placide : “Je vis mes dernières sélections pleinement”

Toujours calme et lucide, Johnny Placide, capitaine emblématique de la sélection a parlé avec franchise. “On a la chance d’avoir dans cette sélection des cadres présents depuis longtemps : Arcus, Nazon, Frantzdy, Adé… Ces joueurs sont là pour accompagner les jeunes et on essaie de transmettre ce qu’on a vécu. Ça n’a pas toujours été facile, mais on leur rappelle que porter ce maillot est très important. Il a beaucoup de valeur”

L’ancien gardien de Reims, aujourd’hui à Bastia, incarne cette continuité et ce sens du devoir : “Ce n’est pas un rôle difficile pour moi, je le fais en club. J’essaie juste, par quelques mots avant les matchs, d’aider le groupe à rester concentré. Et puis, on a la chance d’avoir une équipe qui vit bien ensemble. C’est plus facile pour nous d’intégrer les nouveaux joueurs et les plus jeunes.”

Placide, conscient que chaque rassemblement pourrait être son dernier, savoure chaque instant : “Je pense que tout le monde le sait, je vis mes dernières sélections. Je vis ça pleinement. Mon objectif a toujours été d’amener Haïti dans une compétition mondiale. Aujourd’hui, je crois qu’on a peut-être la meilleure génération depuis que je suis en sélection. On a de la qualité dans tous les secteurs. Alors je veux aller au bout, sans regret, en donnant tout, pour finir sur une bonne note.”

Une équipe entre douleur et espoir

Dans un contexte où Haïti ne peut toujours pas accueillir ses matchs à domicile, l’équipe nationale avance comme un symbole de courage. Entre le réalisme de Migné et la passion tranquille de Placide, les Grenadiers se présentent à Tegucigalpa avec une idée claire : jouer pour exister, exister pour inspirer.

Demain, ce ne sera pas seulement un match de football. Ce sera un moment d’unité, d’orgueil et de résistance. Une façon pour Haïti, de continuer, à croire.


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